DETROIT,

MICHIGAN,

L’AMERIQUE.

 

Detroit, ville en déshérence. La cité trouée, gangrénée, et sublime. Ville symbole du rêve américain défait par la crise, de l’industrialisation arrogante ravagée par la course du monde, le monde qui va toujours beaucoup plus vite que nous.
Dans cette ville sauvage et désertée, il y a pourtant ceux qui ne veulent pas partir, ceux qui y croient encore, ceux qui voient encore la beauté, la beauté c’est-à-dire ce que l’on pourrait faire de tout ça, tout ça qui est sauvable – il y a tant à faire sur des ruines, pas seulement tout recommencer, tout refonder, mais retrouver les traces, recycler les vestiges et les matériaux, continuer l’histoire.
Il y a ceux qui disent je reste, j’aime cette ville parce que c’est mon temps, parce que c’est mon lieu. Il y a ceux qui ne veulent gâcher ni leur vie ni leur ville, qui veulent se récupérer et récupérer les déchets, les gravats, les rebuts, qui veulent habiter à nouveau, portés par le beat entêtant et furieux de l’électro, musique inventée à Detroit, musique du béton et de l’industrie, musique qui pulse encore quand tout est mort.

 

Joy Sorman